Cette découverte remet en question les modèles classiques de fermentation intestinale et ouvre la voie à une lecture plus fine de l’équilibre microbien.
Un lien observé avec la maladie de Crohn
En comparant les données de 871 personnes en bonne santé à celles de 790 patients atteints de pathologies chroniques, notamment la maladie de Crohn, les chercheurs ont constaté une chute marquée des gènes associés à cette hydrogénase.
Chez les patients atteints de Crohn, ces molécules sont 2,3 fois moins présentes, remplacées par d’autres enzymes liées à des déséquilibres microbiens. Cette corrélation suggère que la présence ou l’absence de la FeFe-hydrogénase pourrait refléter l’état global du microbiote.
Vers de nouveaux outils de diagnostic ?

Les chercheurs restent prudents : la corrélation ne prouve pas encore la causalité. D’autres études cliniques seront nécessaires. Mais la piste est prometteuse, d’autant que des tendances similaires apparaissent dans d’autres maladies chroniques comme le diabète de type 2, la cirrhose ou le cancer colorectal. Cette enzyme pourrait devenir un indicateur précoce de troubles digestifs, voire un outil de suivi de la santé intestinale.
Au-delà du diagnostic, cette découverte ouvre des perspectives nouvelles. Des probiotiques enrichis en bactéries productrices de FeFe-hydrogénase, des tests respiratoires ou salivaires, voire des interventions ciblées sur l’équilibre enzymatique du microbiote sont envisagés.
