
Un document administratif resté dans l’ombre jusqu’à aujourd’hui soulève des interrogations sur un laxisme politique local… voire un possible vice de procédure aux lourdes implications. Le 19 juin 1986, la France perdait l’un de ses humoristes les plus populaires, Coluche, victime d’un accident de moto sur une route des Alpes-Maritimes. Sans casque, il percute violemment un camion de 33 tonnes chargé de gravats, qui tourne brusquement à gauche sur un chemin non signalé. Le choc est fatal : l’artiste meurt sur le coup à seulement 42 ans.
Malgré la condamnation du chauffeur pour homicide involontaire en 1988, de nombreuses zones d’ombre persistent autour du drame. Le montant dérisoire de l’amende – 1000 francs, soit l’équivalent de 150 euros – avait déjà choqué à l’époque. Aujourd’hui, le quotidien Var-Matin jette une lumière inédite sur l’affaire, en dévoilant un document administratif conservé aux archives de Nice, jamais rendu public jusqu’alors.
Un document explosif sur la table

Intitulé « Infraction au droit à l’urbanisme pouvant être relevée à l’occasion de l’accident de Coluche », ce dossier de quatre pages remet en cause la légalité même du dépôt que tentait de rejoindre le camion au moment du drame. Selon cette enquête administrative adressée à la sous-préfecture de Grasse un mois après l’accident, le terrain de destination était non conforme au plan d’occupation des sols (POS). Il servait pourtant de dépôt à plusieurs entreprises avec l’accord tacite du propriétaire… qui n’était autre que l’adjoint au maire de l’époque, Marcel Perrissol.
Le maire Fernand Raybaud, très proche de son adjoint et partenaire dans une entreprise d’engrais, aurait sciemment fermé les yeux sur cette infraction. L’ingénieur des travaux publics de l’État indique même que la commune avait « officiellement accepté cette implantation » malgré son illégalité. Il ajoute avoir mis en demeure le propriétaire de cesser l’activité, mais en vain.
