Des activités apparemment ordinaires prennent alors une importance différente. Faire les courses implique de préparer une liste, de s’habiller, de quitter son domicile, de marcher dans le magasin, de sélectionner les produits puis de rentrer chez soi. Cette succession d’actions constitue une activité concrète autour de laquelle une partie de la journée peut être organisée.

Un rendez-vous hebdomadaire au supermarché peut ainsi devenir une habitude rassurante. Le samedi après-midi n’est plus simplement le moment où le réfrigérateur doit être rempli : il devient un créneau clairement identifié dans la semaine.
Cette sortie contribue également au maintien d’une certaine activité physique. Marcher jusqu’au magasin lorsque cela est possible, parcourir les différents rayons ou transporter quelques achats permettent de rester actif dans le cadre d’une activité quotidienne ordinaire.
La fréquentation du magasin peut elle aussi compter. Alors que certains consommateurs recherchent avant tout le calme et la rapidité, d’autres apprécient davantage un environnement animé. Un supermarché fréquenté peut donner le sentiment de participer pleinement à l’activité quotidienne de son quartier ou de sa ville.
Le supermarché peut aussi contribuer au maintien du lien social

Les courses possèdent une dimension qui dépasse parfois largement leur fonction première. Pour une personne vivant seule ou disposant de peu d’occasions de rencontrer du monde, une sortie au supermarché peut constituer un moment de contact avec les autres.
Il n’est pas nécessaire que ces interactions soient longues pour avoir leur importance. Saluer un voisin dans une allée, reconnaître un employé du magasin, échanger quelques mots à la caisse ou discuter brièvement avec un autre client sont autant de petits contacts qui ponctuent la sortie.
Le samedi après-midi multiplie naturellement ces occasions puisque les magasins accueillent généralement davantage de familles, d’actifs et de clients qu’en milieu de matinée pendant la semaine. Pour quelqu’un qui recherche une certaine animation, cette fréquentation peut être perçue positivement plutôt que comme un désagrément.
Cette dimension prend une importance particulière dans le contexte de l’isolement social des personnes âgées. Toutes ne sont évidemment pas isolées et toutes ne fréquentent pas les supermarchés pour rencontrer d’autres personnes. Cependant, les interactions ordinaires du quotidien peuvent contribuer au maintien d’un sentiment d’appartenance à la vie collective.
