Pendant plus d’une décennie, Catherine Laborde a mené un combat silencieux contre une maladie neurodégénérative implacable.

Derrière l’icône souriante du bulletin météo se jouait une tragédie intime, partagée au quotidien par son mari, Thomas Stern. Un témoignage rare, douloureux et profondément humain.
Le 28 janvier 2025, Catherine Laborde s’est éteinte à l’âge de 73 ans, des suites d’une démence à corps de Lewy diagnostiquée en 2014. Une maladie encore méconnue du grand public, progressive et destructrice, qui a peu à peu effacé les repères de l’ancienne présentatrice météo. Derrière la figure populaire aimée des Français, c’est une femme fragilisée qui luttait chaque jour contre la perte de ses capacités, entourée de ses proches dans une grande discrétion.
Une parole rare pour dire l’incommunicable

Invité au micro de Marc-Olivier Fogiel sur RTL, Thomas Stern a accepté de lever le voile sur ces années éprouvantes, à l’occasion de la parution de son livre Y a-t-il une vie après la mort ?. Avec une sincérité désarmante, il décrit l’érosion progressive du lien conjugal : « Elle comprenait encore ce que je disais, mais moi je ne comprenais plus ce qu’elle voulait me dire », confie-t-il, évoquant les troubles sévères du langage qui ont rendu toute conversation presque impossible.
Le quotidien éprouvant d’un aidant à bout de forces
Au-delà des mots qui se délitent, Thomas Stern raconte l’épuisement physique et psychologique lié à son rôle d’aidant. Les nuits étaient particulièrement angoissantes, rythmées par des hallucinations violentes : « Si elle rêvait d’un chien qui l’attaquait, elle se levait et courait », se souvient-il. Ces épisodes rendaient chaque instant potentiellement dangereux. Pourtant, malgré la fatigue et la peur, il insiste sur un point essentiel : Catherine Laborde est restée jusqu’au bout cette femme douce et bienveillante que le public connaissait, malgré la maladie qui la dévorait.
Le choix de rester, coûte que coûte

Face à l’évolution de la pathologie, la question du placement en établissement spécialisé s’est posée. Thomas Stern l’a écartée, préférant accompagner lui-même son épouse jusqu’au terme de sa vie. Un engagement total, presque sacrificiel, qui l’a conduit au bord de la rupture : « J’ai failli me tuer deux fois », confesse-t-il, racontant ces chutes en pleine rue, au milieu de la circulation, quand son corps a fini par lâcher. Ce témoignage met en lumière la violence silencieuse que subissent de nombreux aidants, souvent seuls face à une responsabilité écrasante.
La fin d’une vigilance permanente, entre douleur et apaisement
Lorsque Catherine Laborde s’est éteinte, Thomas Stern était seul auprès d’elle. À la peine immense s’est mêlé un sentiment inattendu de soulagement. « Le système d’ultra-vigilance dans lequel je vivais s’est arrêté net », explique-t-il. Après des années passées à anticiper le danger, à surveiller chaque geste, la mort de son épouse a aussi marqué la fin d’un tourment permanent, une réalité difficile à admettre mais profondément humaine.










