Les salariés d’Alinea se préparent à se mobiliser ce samedi, après le retrait inattendu du principal candidat à la reprise de l’enseigne d’ameublement.

Placée en redressement judiciaire depuis fin novembre, l’entreprise traverse une phase décisive de son avenir. Jeudi, la direction d’Alinea a informé ses équipes du désengagement du groupe roumain SDC Holding, jusque-là considéré comme le seul repreneur proposant un projet global pour l’activité. Selon le message adressé aux salariés, le candidat aurait estimé que les incertitudes financières et les efforts nécessaires rendaient la reprise trop complexe.
Cette décision a profondément modifié les perspectives. Pour les représentants syndicaux, elle remet en cause l’espoir de maintien d’une partie significative des magasins et de la marque elle-même.
Les syndicats appellent à la mobilisation

Margaux Palvini, représentante FO au siège d’Aubagne, évoque une « onde de choc » après cette annonce. Elle estime que sans offre structurée portant sur l’ensemble de l’activité, c’est l’identité même de l’enseigne qui se trouve fragilisée.
Selon elle, les propositions encore en lice concerneraient principalement les murs de certains magasins, sans projet industriel global pour la marque. Les syndicats ont donc lancé un appel à la mobilisation dans plusieurs points de vente dès l’ouverture ce samedi.
Des débrayages sont prévus notamment à Aubagne, Cabriès, Blagnac, Montpellier, Sainte-Geneviève, Grenoble et Clermont-Ferrand à 10h, puis à Toulon à midi, à Herblay à 14h30 et à Bègles à 15h.
Un avenir incertain pour 1.200 salariés

Alinea, membre de la galaxie Mulliez, emploie environ 1.200 personnes réparties dans 36 magasins. D’après les estimations syndicales, seuls 240 postes pourraient être préservés dans le cadre des offres restantes, tandis qu’une dizaine de magasins n’auraient reçu aucune proposition de reprise à ce stade.
Les autres organisations syndicales – CFDT, CGT et SEGA – n’ont pas souhaité s’exprimer publiquement pour le moment.
Une décision attendue début mars
Le tribunal des affaires économiques de Marseille doit examiner les offres définitives le 5 mars. Une décision est attendue dans les deux semaines suivantes. Placée en redressement judiciaire le 20 novembre, l’enseigne affichait pour 2024 une perte de 47 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 162 millions.










