À Marseille, Emmanuel Macron a choisi un symbole fort pour annoncer un durcissement inédit de la réponse de l’État face au narcotrafic.

Constatant l’ampleur de la violence liée aux trafics, le président assume désormais une stratégie directe : responsabiliser les consommateurs en les frappant là où cela fait le plus mal, au portefeuille.
En déplacement dans une cité marquée par des règlements de comptes à répétition, le chef de l’État a voulu inscrire son message dans un contexte dramatique bien réel. Marseille, devenue malgré elle l’emblème des dérives du narcotrafic, a servi de décor à cette prise de parole qui place la lutte contre la drogue au même rang que celle contre le terrorisme. Le symbole est clair : l’exécutif entend traiter ce phénomène comme une menace majeure pour la cohésion nationale.
Une amende qui plus que double pour les usagers

La mesure phare annoncée par Emmanuel Macron consiste à faire passer l’amende forfaitaire délictuelle pour usage de stupéfiants de 200 à 500 euros. Cette hausse significative vise à provoquer un électrochoc chez les consommateurs, en leur rappelant que leur acte, souvent perçu comme anodin, s’inscrit en réalité dans un système économique violent et destructeur. L’objectif affiché n’est pas seulement répressif, mais pédagogique.
« Taper au portefeuille » pour provoquer une prise de conscience
Devant des lecteurs du quotidien régional, le président a justifié cette décision par une formule sans détour : il faut « taper au portefeuille ». Selon lui, chaque gramme acheté participe directement au financement de réseaux criminels, responsables de l’insécurité qui frappe certains quartiers. Acheter de la cocaïne ou du cannabis ne serait donc pas un simple geste individuel, mais un maillon d’une chaîne qui mène aux fusillades et aux homicides.
Emmanuel Macron s’est dit frappé par le contraste entre l’émotion suscitée par la mort de jeunes victimes des règlements de comptes et la légèreté avec laquelle certains considèrent encore l’usage de drogue. Il pointe du doigt une forme d’insouciance, souvent dans des milieux favorisés, qui ne mesurent pas les conséquences réelles de leur consommation sur le terrain.

Un hommage qui donne du poids au discours
Lors de ce déplacement, le président s’est recueilli sur la tombe de Mehdi Kessaci, frère d’un militant antidrogue. Ce jeune homme, étranger aux trafics et qui ambitionnait de devenir policier, a été tué dans un contexte perçu comme une intimidation, donnant une dimension tragique et humaine aux annonces présidentielles.
Le chef de l’État a également insisté sur la dimension internationale du narcotrafic. Il souhaite renforcer la coopération avec les pays où opèrent les têtes de réseau, afin de faciliter les arrestations et les saisies de biens. La lutte ne doit pas se limiter aux rues françaises, mais s’étendre aux circuits financiers et logistiques mondiaux.










