Accusée depuis des années par des sphères complotistes d’être « née homme », Brigitte Macron devient aujourd’hui le centre d’une riposte judiciaire inédite.
Le couple présidentiel saisit la justice américaine après les propos diffamatoires de l’influenceuse Candace Owens. Une affaire explosive, à l’intersection de la désinformation, de la liberté d’expression et de la diplomatie. Depuis plusieurs années, une rumeur tenace circule sur le genre de Brigitte Macron, prétendant — sans aucune preuve — qu’elle aurait été assignée homme à la naissance. D’abord marginale, cette théorie complotiste s’est progressivement infiltrée dans certains cercles d’extrême droite et sur les réseaux sociaux, portée par des figures aux audiences massives.
Dernière en date : Candace Owens, influenceuse américaine très active dans la sphère conservatrice. Elle ne s’est pas contentée de reprendre cette infox : elle l’a instrumentalisée, accusant Brigitte Macron d’avoir « menti » sur son identité et insinuant une manipulation d’État. Des propos jugés d’une rare gravité, d’autant plus qu’ils touchent à la dignité personnelle de la Première dame française.
Une plainte déposée aux États-Unis
Face à cette offensive, Emmanuel et Brigitte Macron ont décidé de contre-attaquer sur le terrain juridique, en engageant une procédure pour diffamation sur le sol américain. Le 23 juillet 2025, leur plainte a été déposée devant un tribunal du Delaware, comme l’a révélé Le Monde.
Ce choix stratégique n’est pas anodin : il vise à faire juger Candace Owens dans le pays même où ses propos ont été prononcés et relayés, maximisant ainsi l’impact médiatique et juridique de l’affaire. Selon leurs avocats, l’influenceuse aurait « intentionnellement diffusé une fausse information dans le but de nuire à la réputation de la Première dame ».
La plainte vise une atteinte à l’honneur, à la vie privée et à la réputation, trois fondements du droit de la personnalité, qui pourraient donner lieu à un procès retentissant impliquant des questions sensibles : jusqu’où peut aller la liberté d’expression lorsqu’elle sert à propager une rumeur mensongère ?
Une précédente tentative judiciaire… avortée en France
Cette offensive internationale survient quelques mois après une première action en justice engagée par Brigitte Macron sur le territoire français, restée sans effet. En août 2024, la Première dame avait porté plainte pour cyberharcèlement contre quatre personnes, dont Aurélien Poirson-Atlan, alias Zoé Sagan, figure polémique sur les réseaux.
Les propos visés concernaient directement le genre de Brigitte Macron, sa sexualité et son écart d’âge avec le président. Mais le tribunal a relaxé l’ensemble des prévenus, estimant qu’ils agissaient dans un cadre de bonne foi, sans volonté malveillante clairement démontrée. Un revers cuisant pour la Première dame, qui n’a pas caché sa déception.
Cette décision, très commentée, a sans doute motivé la stratégie actuelle : franchir les frontières pour obtenir justice là où le droit américain pourrait être plus réceptif à la notion de diffamation publique.
Une volonté affirmée de défendre l’intégrité personnelle
Derrière cette démarche judiciaire, il y a la volonté ferme du couple présidentiel de refuser la banalisation de la calomnie. Brigitte Macron, qui a déjà confié à plusieurs reprises son désarroi face à la persistance de cette rumeur, estime que l’atteinte n’est plus supportable. Selon son entourage, les attaques récurrentes sur son identité ont un impact psychologique profond, alimentant un climat de haine décomplexée sur les réseaux.
Emmanuel Macron, de son côté, soutient pleinement cette initiative, qui va au-delà de la seule défense de son épouse. Il s’agit aussi, pour le chef de l’État, de défendre une certaine idée de la vérité, de la dignité publique et du respect en démocratie. « Ce n’est pas une affaire personnelle, mais un enjeu républicain », confie un proche de l’Élysée.
Une riposte symbolique contre la désinformation transnationale
À travers cette plainte, le couple Macron entend aussi dénoncer un phénomène mondial : la propagation incontrôlée des rumeurs à l’ère numérique, souvent utilisée comme arme politique. Candace Owens, en mêlant théorie du complot et discours conservateur radical, représente ce danger de la désinformation mondialisée, où les mensonges peuvent traverser les continents et miner les institutions.