
Acculés par des charges croissantes, des décisions politiques jugées incohérentes et un sentiment d’abandon, de nombreux agriculteurs estiment n’avoir plus rien à perdre. Leur mobilisation s’inscrit désormais dans un rapport de force assumé.
Depuis plusieurs semaines, le malaise agricole s’est transformé en crise ouverte. Entre l’empilement de normes, la hausse annoncée des taxes sur le carburant et les engrais, et la crainte d’une concurrence étrangère jugée déloyale via l’accord Mercosur, les exploitants se sentent pris au piège. La Coordination Rurale comme la FNSEA alertent sur une profession qui ne parvient plus à vivre de son travail, tandis que la dermatose nodulaire contagieuse fragilise encore davantage certains élevages.
Des blocages pour frapper fort
Face à ce qu’ils décrivent comme un mur d’indifférence, les agriculteurs ont décidé de passer à l’action. Des blocages ont été mis en place dans plusieurs régions, notamment à Bassens. Depuis le 8 janvier 2026, des militants de la Coordination Rurale ont ciblé un point névralgique : le dépôt pétrolier DPA d’Ambès, infrastructure stratégique pour l’approvisionnement en carburant de la région.
Un site stratégique paralysé

Géré par le groupe Desmé, le dépôt a été neutralisé par une quarantaine de tracteurs, de camions et de véhicules légers, coupant de facto l’accès aux carburants. Une cinquantaine d’agriculteurs se sont relayés jour et nuit pour tenir le barrage, malgré les annonces gouvernementales. Leur message est clair : tant que les réponses ne seront pas jugées suffisantes, la pression restera maximale.
