Le témoignage est d’une violence émotionnelle rare. Quelques jours après l’incendie meurtrier du bar Le Constellation, à Crans-Montana, qui a coûté la vie à 40 personnes, la mère de l’une des victimes a accepté de briser le silence.

Face aux caméras de BFMTV, Vincianne Stucky livre un récit bouleversant, mêlant chagrin absolu, colère et sentiment d’injustice. Vincianne Stucky n’a plus de mots pour décrire l’absence. Son fils Trystan Pidoux, 17 ans, a perdu la vie dans l’incendie survenu dans la nuit du 1er janvier. Devant la caméra, la mère de famille se dit « morte le 3 janvier », quelques heures après avoir appris la disparition de son enfant. « Je n’ai plus rien à perdre maintenant. Moi, je veux rejoindre Trystan », confie-t-elle, la voix brisée, exprimant un vide total depuis ce drame qui a anéanti sa vie.
Le dernier message, quelques minutes avant le drame
Le souvenir le plus douloureux reste celui des derniers mots échangés. À 00h08, quelques instants avant que l’incendie ne se déclare, Trystan avait envoyé un message à sa mère : « Bonne année gros bisous, je t’aime. Dis un gros bisou aux autres, je t’aime ». Une phrase devenue insoutenable à relire aujourd’hui. À ses côtés, Tobias, le petit frère de Trystan, âgé de 14 ans, peine à comprendre ce qui s’est passé et confie ressentir « une haine énorme contre le propriétaire, mais aussi contre la commune ».

« Ils ont été tués » : une colère assumée
Pour la famille, il ne s’agit pas d’un simple accident. Vincianne Stucky emploie des mots lourds de sens : « Trystan, Guillaume, Arthur et les 40 morts ont été tués ». Une déclaration qui traduit la conviction profonde que ce drame aurait pu être évité. À l’évocation d’une éventuelle libération conditionnelle de Jacques Moretti, copropriétaire du bar placé en détention provisoire, la mère s’emporte : « Le seul mot, c’est ignominie. C’est presque une provocation ».
Des funérailles brutalement interrompues

La douleur du deuil s’est doublée d’une nouvelle épreuve. Alors que les funérailles de Trystan devaient se tenir à Lausanne, le corps du jeune homme a été réquisitionné en urgence pour une autopsie le jour même. Dans les colonnes du média suisse Blick, Vincianne Stucky décrit une scène d’une grande violence émotionnelle : « Ils ont fait irruption et m’ont arraché Trystan ». Si elle ne conteste pas la nécessité médicale de l’autopsie, elle dénonce la brutalité de la méthode et l’absence de considération pour la famille.
Une cérémonie repoussée, un deuil sans répit
Contraints de tout réorganiser dans l’urgence, les proches de Trystan ont dû reporter les obsèques, finalement prévues ce vendredi 16 janvier. « Tout a été bouleversé, y compris sur le plan émotionnel », explique sa mère. Dans cette affaire qui continue de secouer la Suisse et la France, son témoignage met en lumière la détresse des familles endeuillées, confrontées non seulement à la perte d’un être cher, mais aussi à une procédure judiciaire vécue comme froide et implacable.










