À quelques semaines des élections européennes, la stratégie de la France insoumise intrigue autant qu’elle structure le débat à gauche.

La présence symbolique de Jean-Luc Mélenchon sur la liste, les prises de position de Manon Aubry et la dynamique des sondages dessinent une campagne sous tension, dominée par le Rassemblement national.
Inscrit sur la liste de La France insoumise en 80ᵉ position, Jean-Luc Mélenchon ne vise pas un siège au Parlement européen. Cette place non éligible relève avant tout d’un choix politique. L’ancien leader insoumis entend marquer la campagne de son empreinte, rappelant dès le mois de mars l’objectif affiché : devancer les macronistes et se rapprocher du Rassemblement national.
Manon Aubry revendique un leadership clair

Invitée sur RTL, Manon Aubry, tête de liste de LFI, a affirmé disposer d’« une voix qui porte » dans cette campagne européenne. Elle s’est dite « assez fière » de compter Jean-Luc Mélenchon à ses côtés, soulignant son rôle central dans la recomposition de la gauche ces dernières années.
Pour Manon Aubry, Jean-Luc Mélenchon reste une figure structurante, capable d’avoir « fait tenir la gauche debout ». Elle rappelle son score de 22 % à la présidentielle de 2022 et la création de la Nupes, qui avait permis à la gauche d’obtenir 151 députés à l’Assemblée nationale. Un modèle que certains pays européens, comme l’Italie, regarderaient avec envie, selon l’eurodéputée.
La question migratoire au cœur du discours
Au-delà des équilibres partisans, la crise migratoire s’impose comme un thème central de la campagne. Manon Aubry a insisté sur la dimension humaine du phénomène, rappelant que les personnes qui traversent la Méditerranée le font souvent par absence d’alternative. Elle a évoqué près de 30 000 morts en vingt ans, appelant à une approche européenne plus solidaire et responsable.

Les intentions de vote confirment une hiérarchie encore stable. Selon un sondage Toluna Harris Interactive réalisé pour RTL, M6 et Challenges, le Rassemblement national reste en tête avec 30 %, devant la majorité présidentielle menée par Valérie Hayer à 17 %. L’écart demeure conséquent, malgré une campagne très active des autres formations.
La gauche fragmentée mais en mouvement
Derrière, la gauche tente de réduire les distances. La liste commune du Parti socialiste et de Place publique, portée par Raphaël Glucksmann, atteint 12 %, tandis que celle de Manon Aubry progresse à 9 %, gagnant un point en une semaine. Une dynamique modeste mais surveillée, dans un contexte de dispersion électorale.
Sur les autres bancs, Les Républicains de François-Xavier Bellamy se maintiennent à 7 %. Les Les Écologistes, menés par Marie Toussaint, obtiennent 6 %, à égalité avec la liste Reconquête de Marion Maréchal. Un paysage éclaté, où chaque point peut peser lourd le soir du scrutin.










