L’isolement progressif, moteur de la manipulation

Rapidement, Caroline modifie son quotidien : elle s’éloigne de ses amis, devient constamment disponible pour l’escroc et cesse d’interroger la réalité de cette relation virtuelle. « Il voulait que je sois toujours là, pour lui. Avec le recul, je comprends qu’il cherchait à m’isoler », explique-t-elle.
L’homme trouve toujours une excuse pour éviter les appels téléphoniques, renforçant le flou autour de son identité. Pourtant, malgré les doutes, Caroline continue de croire à cette liaison improbable. « Je sentais que quelque chose clochait… Mais je voulais l’aider », confie-t-elle avec émotion.
Une histoire de faux orphelins et de vrais euros envolés

C’est avec un stratagème humanitaire que l’escroc passe à l’attaque. Il évoque deux enfants malades du cancer, vivant dans un orphelinat au Nigeria. Il demande de l’aide à Caroline pour leur fournir médicaments et nourriture. Touchée par l’histoire, elle accepte et commence à envoyer des cartes cadeaux.
Au total, elle verse plus de 5.000 euros – l’ensemble de ses économies – dans ce gouffre à illusions. « Ils peuvent échanger les cartes contre des bitcoins ou commander ce qu’ils veulent avec les numéros », explique-t-elle.
