À l’international, son aura grandit. Avant même que Marion Cotillard ou Mélanie Laurent n’ouvrent les portes d’Hollywood, Béatrice Dalle, elle, s’était déjà taillée une réputation de muse underground. En 2012, elle revient à ses racines punk en tournant Bye-Bye Blondie, adaptation signée Virginie Despentes, aux côtés d’Emmanuelle Béart.
Et pourtant, elle reste farouchement à l’écart de l’institution cannoise. Béatrice Dalle, fidèle à son style sans filtre, ne s’en cache pas : le Festival de Cannes ne la fait pas rêver. Elle n’en partage ni les codes, ni l’esprit, encore moins la posture. Pour elle, le tapis rouge brille mais n’a plus rien à dire.
Avec ce rejet de ce qu’elle appelle les faux-semblants du glamour, elle continue de cultiver son image d’artiste rebelle, qui préfère les plateaux exigeants aux flashes éphémères. Elle revendique le droit de ne pas plaire, de ne pas jouer le jeu, d’être là où elle choisit d’être, même si cela signifie parfois être absente des radars médiatiques.
Une femme libre, jusqu’au bout des mots

Béatrice Dalle, c’est aussi une parole rare, tranchante, mémorable. On se souvient de ses interviews face à PPDA ou Thierry Ardisson, où elle déstabilise, provoque, séduit, détonne. Sa voix est celle d’une époque révolue, mais qui ne cesse de revenir comme un rappel. Elle dit ce qu’elle pense, même si cela dérange — surtout si cela dérange.
C’est précisément cette intransigeance qui continue de faire d’elle une figure à part. À 59 ans passés, elle incarne toujours un cinéma libre, sans filtre, sans compromission. Un cinéma qui ne s’excuse pas d’exister. Et tant pis si ça ne rentre pas dans les cases.
