À un peu plus d’un an de l’élection présidentielle, les sondages commencent à dessiner les premiers rapports de force politiques.

Une nouvelle enquête d’opinion révèle une domination nette du Rassemblement national au premier tour, tandis que le centre et la gauche peinent encore à trouver une stratégie capable de rivaliser.
Selon une étude réalisée par l’Ifop-Fiducial pour Sud Radio et Le Figaro, le Rassemblement national apparaîtrait aujourd’hui comme le grand favori du premier tour de la prochaine élection présidentielle. Dans toutes les configurations testées par le sondage, le parti d’extrême droite dépasserait largement ses concurrents. Si Jordan Bardella se présentait, il recueillerait entre 36 et 38 % des intentions de vote, soit un niveau particulièrement élevé pour un premier tour. Marine Le Pen resterait elle aussi largement en tête avec un score estimé entre 34 et 35 %. Dans les deux cas, le RN s’imposerait comme la force dominante du scrutin.
L’incertitude autour de la candidature de Marine Le Pen
La situation judiciaire de Marine Le Pen reste néanmoins un facteur déterminant pour l’avenir politique du parti. La décision attendue dans le procès en appel concernant les assistants parlementaires européens pourrait influencer sa participation à la présidentielle. Le parquet général a requis une peine d’inéligibilité de cinq ans, ce qui pourrait empêcher une nouvelle candidature. La cheffe de file du RN a indiqué qu’elle prendrait sa décision immédiatement après le jugement, sans attendre un éventuel recours devant la Cour de cassation. Cette incertitude explique pourquoi les instituts de sondage testent désormais plusieurs scénarios incluant Jordan Bardella.
Édouard Philippe, principal espoir du bloc central

Face à cette dynamique du RN, le camp central cherche encore la personnalité capable de rassembler suffisamment d’électeurs pour atteindre le second tour. Dans la plupart des configurations étudiées, Édouard Philippe apparaît comme le candidat le plus compétitif pour représenter ce bloc politique. L’ancien Premier ministre obtiendrait environ 16 % des voix dans un scénario où plusieurs candidats se présenteraient dans l’espace politique du centre et de la droite modérée. Toutefois, si ce camp parvenait à se réunir derrière une candidature unique, son score pourrait atteindre environ 23 %, réduisant l’écart avec le RN et consolidant sa position pour une qualification au second tour.
Les autres figures du centre encore en retrait
D’autres personnalités du camp présidentiel ont également été testées dans cette enquête d’opinion, mais leurs résultats apparaissent plus modestes. Gabriel Attal, pourtant considéré comme l’un des visages de la nouvelle génération politique, se situerait autour de 10 à 11 % des intentions de vote. Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu obtiendraient quant à eux des scores encore plus faibles, respectivement autour de 8 % et 6 %. Ces résultats montrent la difficulté du bloc central à trouver une figure suffisamment fédératrice pour rivaliser avec la dynamique électorale du Rassemblement national.
Bruno Retailleau et la droite traditionnelle
Du côté de la droite classique, le sénateur Bruno Retailleau apparaît comme un candidat capable de capter une partie de l’électorat conservateur. Selon certains scénarios, il pourrait atteindre environ 12 à 13 % des intentions de vote, se plaçant alors au coude-à-coude avec d’autres candidats pour la seconde place. Dans l’hypothèse où il représenterait l’ensemble du bloc central et de la droite modérée, son score pourrait monter jusqu’à 17 %, ce qui le placerait en position de rival direct avec certains candidats de gauche.
Une gauche divisée et affaiblie

La gauche semble quant à elle souffrir d’une dispersion de ses candidatures. Jean-Luc Mélenchon conserverait un socle électoral relativement stable, autour de 10 à 12 % des intentions de vote selon les scénarios, mais ce niveau resterait insuffisant pour accéder au second tour. L’ancien candidat de La France insoumise n’a d’ailleurs pas encore officialisé une nouvelle candidature, même si plusieurs observateurs estiment qu’il pourrait être présent dans la course. Cette fragmentation affaiblit l’ensemble du camp progressiste, qui peine à se rassembler derrière une figure unique.
Raphaël Glucksmann, l’autre option pour la gauche
Dans certains scénarios, Raphaël Glucksmann pourrait apparaître comme le candidat le mieux placé pour représenter la gauche. Le député européen serait crédité d’environ 12 % des intentions de vote, ce qui lui permettrait parfois de se hisser à la deuxième place dans certaines configurations. Toutefois, cette qualification resterait fragile et dépendrait fortement du nombre de candidats présents dans la compétition. Les résultats indiquent qu’une qualification au second tour pourrait alors se jouer autour de 12 ou 13 %, un niveau historiquement bas dans l’histoire récente des élections présidentielles françaises.
Des scores modestes pour les autres formations
Les autres formations politiques de gauche obtiennent des résultats nettement plus faibles dans cette enquête. La responsable écologiste Marine Tondelier atteindrait entre 4 et 5 % des intentions de vote, tandis que le secrétaire national du Parti communiste Fabien Roussel serait crédité d’environ 2 à 3 %. Nathalie Arthaud, candidate de Lutte ouvrière, recueillerait quant à elle entre 1 et 2 % des suffrages. Ces chiffres illustrent la fragmentation du paysage politique à gauche, qui pourrait compliquer toute tentative de qualification pour le second tour.










