Son rapporteur, le député Horizons Jérémie Patrier-Leitus, défend une refonte ambitieuse de la politique familiale pour lever les freins matériels et répondre au désir d’enfant toujours présent chez les Français.
Les chiffres sont sans appel. En 2025, la France a enregistré 644 000 naissances, soit une baisse de 24 % par rapport à 2010, selon l’Insee. Il s’agit du niveau le plus faible observé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. La tendance, amorcée il y a plus de quinze ans, s’est accélérée ces dernières années.
Pour Jérémie Patrier-Leitus, ce décrochage ne traduit pas une disparition du désir d’enfant. Il souligne au contraire un écart persistant entre l’envie exprimée par les Français — environ deux à 2,3 enfants par femme — et l’indice de fécondité réel, aujourd’hui à 1,55. Le problème ne serait donc pas culturel, mais structurel.
Un versement familial unique à 250 euros

Parmi les 37 propositions du rapport figure une mesure phare : la création d’un versement familial unique de 250 euros par mois et par enfant, dès le premier et jusqu’à 20 ans. Cette aide serait universelle, sans condition de ressources, et remplacerait plusieurs dispositifs existants jugés complexes et illisibles.
Le député insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas d’ajouter une prestation supplémentaire, mais de fusionner les aides budgétaires actuelles — à l’exception des dispositifs liés aux modes de garde. L’objectif affiché est double : simplifier la politique familiale et la rendre plus lisible pour les ménages.
Cette réforme représenterait un surcoût estimé entre 5 et 10 milliards d’euros. Mais selon son promoteur, la politique familiale mobilise déjà environ 110 milliards d’euros par an, soit 5 % du PIB. Il s’agirait donc, selon lui, de mieux orienter la dépense publique plutôt que de l’augmenter massivement.
