La tour Eiffel, édifiée pour l’Exposition universelle de 1889, porte sur son premier étage les noms de 72 savants, tous masculins, choisis par Gustave Eiffel lui-même. Ingénieurs, inventeurs et mathématiciens y sont honorés, incarnant le génie scientifique de leur temps. Mais aucune femme n’a été retenue, un constat jugé inacceptable par Anne Hidalgo, qui a lancé en mars dernier une mission de « féminisation » du monument.
Une commission d’experts réunie autour de la maire

Pour mener ce projet ambitieux, une commission pluridisciplinaire a été installée, réunissant élus, scientifiques, historiens et spécialistes du patrimoine. Parmi eux, Jean-François Martins, président de la Société d’exploitation de la tour Eiffel (SETE), et Isabelle Vauglin, astrophysicienne et militante de l’association Femmes & Sciences, coprésident cette mission. Leur objectif est clair : réfléchir à une représentation féminine plus juste sur les murs du monument.
Des contraintes symboliques et techniques à surmonter

Le défi est à la fois symbolique et pratique. Quarante emplacements ont déjà été identifiés pour accueillir de nouveaux noms au premier étage. Mais des questions cruciales demeurent : faut-il respecter la période historique d’origine (1789-1889) ? Peut-on y inclure des figures contemporaines, étrangères ou encore vivantes ? Chaque critère soulève des enjeux de représentation, de cohérence et de faisabilité.
Un débat ouvert, mais un mot final réservé à la mairie
L’historien Bertrand Lemoine, membre de la commission, a proposé une idée audacieuse : ajouter à la fois des noms de femmes et d’hommes, pour faire de cette mise à jour un geste fort et moderne. Mais la maire de Paris aurait tenu à préciser qu’elle souhaite avoir le dernier mot sur la liste finale des femmes sélectionnées, laissant ainsi une empreinte politique sur cette décision symbolique.
