
Après une carrière ininterrompue débutée dans les années 60, Alain Duhamel a présenté sa dernière émission sur BFMTV. Ce moment marquant sonne comme une fin de règne pour l’un des derniers géants du commentaire politique. L’homme, au verbe ciselé et à la mémoire encyclopédique, reconnaît sans détour l’ambivalence de cette transition.
« J’avais un mode de vie extrêmement strict et je vais découvrir la liberté », a-t-il déclaré dans un entretien au Figaro. Mais cette liberté tant attendue suscite déjà un trouble intérieur, presque une angoisse existentielle : « Je serai peut-être très déçu… » confie-t-il.
La peur du vide après une vie bien remplie
Loin de se contenter de l’enthousiasme poli qu’on prête souvent aux retraités, Alain Duhamel évoque, avec une rare sincérité, une crainte plus sombre : celle de mourir. « Peut-être que, comme beaucoup de gens qui ont beaucoup travaillé… ça va me faire mourir », lâche-t-il. Cette lucidité brutale, teintée d’une forme d’humour noir, souligne à quel point sa vie professionnelle a constitué son ossature identitaire.
Pour autant, il ne disparaît pas totalement de la scène médiatique. Il compte continuer à livrer ses analyses, mais de façon allégée. L’éditorialiste endossera désormais un rôle plus discret, hebdomadaire, qu’il considère comme un simple “hobby”.
Une pression conjugale salvatrice

