Dès son lancement, le Club Dorothée explose tous les compteurs. Diffusé le mercredi matin, les week-ends et pendant les vacances, il devient une institution. Avec ses compagnons Ariane, Jacky, Corbier et Patrick, Dorothée forme une bande soudée qui amuse et instruit, tout en bouleversant la grille télé.
Mais ce sont surtout les dessins animés japonais – Goldorak, Dragon Ball, Les Chevaliers du Zodiaque – qui font entrer l’émission dans la légende. En introduisant la culture manga en France, Dorothée joue un rôle précurseur. Elle ouvre les portes d’un imaginaire foisonnant à toute une génération, qui découvre un univers bien différent des productions occidentales.
Cette audace, pourtant, ne plaît pas à tout le monde. Certains parents, responsables politiques ou critiques médiatiques dénoncent la violence de ces programmes et leur supposée nocivité pour les enfants. La controverse enfle, mais Dorothée ne fléchit pas. Elle défend ses choix avec fermeté, expliquant que ces dessins animés comblaient un vide dans l’offre française de l’époque.
Un clash télévisé devenu emblématique

En 2010, alors qu’elle tente un retour sur scène, Dorothée est invitée sur le plateau de On n’est pas couché. Face à Éric Zemmour, elle se retrouve attaquée sur son rôle dans la “japonisation” des écrans français. Le chroniqueur, fidèle à son ton polémique, lui reproche d’avoir importé des contenus inadaptés.
Dorothée ne se démonte pas : « Ce n’est pas moi qui ai décidé que cela allait être des séries cultes. Il n’y avait rien de français à l’époque. Il fallait bien mettre quelque chose à l’antenne », rétorque-t-elle. Une réponse franche et lucide, qui souligne une réalité souvent oubliée : son travail fut aussi celui d’une pionnière confrontée à l’absence de production nationale.
