Une trentaine de femmes ont publiquement mis en cause l’artiste depuis les premières révélations. Toutes n’ont cependant pas déposé plainte et les procédures ne se trouvent pas nécessairement au même stade. Il est donc inexact de parler de trente plaintes, même si plusieurs enquêtes judiciaires sont bien en cours en France et à l’étranger.
Cette situation a provoqué des tensions autour de sa tournée. Plusieurs municipalités et élus ont demandé l’annulation ou la suspension de ses concerts, tandis que d’autres défendent le maintien des représentations au nom de la présomption d’innocence. Ces prises de position relèvent de décisions politiques ou contractuelles distinctes de la procédure pénale.
Des propos sur les femmes qui provoquent la controverse

Après avoir rappelé les droits de Patrick Bruel, Julien Odoul a élargi son argumentation à la manière dont la parole des femmes est reçue. Il a affirmé être frappé de voir que, pour certains, « la femme est toujours une victime » et ne pourrait jamais être malveillante, manipulatrice ou mentir.
Cette généralisation a rapidement déplacé le débat. Le député ne s’est plus seulement exprimé sur le principe juridique protégeant toute personne mise en cause : il a suggéré que certaines accusations pourraient reposer sur la manipulation ou le mensonge, sans apporter d’élément précis concernant le dossier Patrick Bruel.
Ses déclarations ont suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Plusieurs internautes et responsables politiques ont estimé qu’elles contribuaient à jeter un soupçon collectif sur la parole des femmes dénonçant des violences sexuelles. D’autres ont considéré que Julien Odoul cherchait uniquement à rappeler que chaque accusation doit être examinée par la justice.
La présomption d’innocence interdit de présenter Patrick Bruel comme coupable avant une éventuelle condamnation. Elle n’implique toutefois pas que les femmes qui l’accusent mentiraient. Les deux principes doivent être distingués : respecter les droits de la défense ne revient pas à discréditer automatiquement les personnes plaignantes.
