Lors de son témoignage au procès, la praticienne a précisé que le corps de la fillette est arrivé « dans un bon état de conservation », enveloppé dans une couverture de survie. Elle ajoute avoir observé la présence de ruban adhésif sur le visage, qui n’était plus visible au moment des opérations médico-légales. Ces détails, dit-elle, ont été cruciaux pour comprendre les conditions exactes du drame.
Les conclusions des médecins légistes
L’experte a ensuite décrit avec précision les résultats de son examen. Elle a recensé trente-huit plaies sur le corps de la victime, notamment à l’arrière du thorax et sur le bas du visage. Certaines atteintes présentaient des signes d’hémorragie interne, tandis qu’une fracture de la mâchoire gauche a également été relevée. En revanche, aucune marque de défense n’a été constatée sur les mains, laissant penser que l’enfant n’a pas eu le temps de se protéger.
Selon le rapport médico-légal, la cause du décès est une asphyxie due à l’obstruction des voies respiratoires supérieures, provoquée par du ruban adhésif appliqué sur le nez et la bouche. Un scénario confirmé par plusieurs éléments d’analyse, qui tendent à démontrer une perte rapide de conscience.
Une asphyxie jugée particulièrement angoissante
Interrogée sur la souffrance ressentie par la jeune victime, la docteure Sec a répondu avec une gravité palpable : « Avant la perte de connaissance, l’asphyxie est une expérience extrêmement angoissante, bien au-delà de la douleur physique ». Elle a estimé que l’agonie aurait pu durer deux à trois minutes, un laps de temps court mais d’une intensité dramatique.
Cette déclaration a particulièrement ému les parties civiles, qui cherchent à comprendre les derniers instants de l’enfant. Pour les parents, cette étape du procès est essentielle : savoir si leur fille a souffert demeure une question centrale.
Des constatations supplémentaires évoquées au procès
L’expertise du professeur Patrick Barbet, en charge de l’examen anatomo-pathologique, a révélé d’autres lésions situées dans les zones intimes de la victime. Ces marques, survenues dans les heures précédant le décès, présentent des traces d’infiltration sanguine. Toutefois, les experts n’ont pu déterminer avec certitude l’origine exacte de ces blessures, ni s’il s’agissait d’une agression commise avec un objet ou autrement.
Le docteur Sec a insisté sur la prudence nécessaire dans l’interprétation : « Rien ne permet d’affirmer la nature précise de ces lésions. Nous savons seulement qu’elles ont été causées avant la mort. » Ce passage, particulièrement sensible, a été évoqué avec une grande retenue par la cour.


