Des similitudes troublantes entre les deux dossiers

Les deux affaires présentent de nombreux points communs. Des enfants disparus dans des environnements ruraux et isolés, peu de témoins, et des familles rapidement placées sous le feu des soupçons. Grégory jouait devant la maison familiale à Lépanges-sur-Vologne ; Émile aurait été aperçu seul dans les rues menant à la maison de vacances du Haut-Vernet, selon plusieurs voisins interrogés au début de l’enquête.
Pour Thibaut Solano, directeur adjoint de la rédaction de Marianne, le contexte géographique complique considérablement les enquêtes. Peu de passages, peu de témoins, et une promiscuité sociale qui rend chaque accusation explosive. Une analyse partagée par Jacques Dallest, pour qui ces zones restreintes freinent l’identification rapide d’un suspect.
Une différence majeure : la certitude criminelle
Dans l’affaire Grégory, la thèse criminelle s’est imposée immédiatement. Il n’y avait aucun doute : l’enfant avait été assassiné, rappelle Jacques Dallest. Le fameux « corbeau », qui harcelait la famille depuis des années, avait même revendiqué le crime le jour du meurtre. Pour Émile Soleil, cette certitude n’a émergé qu’après la découverte des ossements, mais la piste criminelle est désormais privilégiée.
Concernant Grégory Villemin, si les coupables n’ont jamais été condamnés, les enquêteurs s’accordent aujourd’hui sur une implication issue du cercle familial, selon Thibaut Solano. Pour Émile Soleil, la police n’a pas refermé cette hypothèse. En mars dernier, les grands-parents maternels ainsi que deux de leurs enfants ont été placés en garde à vue pour homicide volontaire et recel de cadavre, avant d’être relâchés faute de charges suffisantes à ce stade.
Des gardes à vue sans mise en examen

