Un drame humain et matériel

Au-delà des dégâts matériels, c’est la violence psychologique subie par ce propriétaire âgé qui interpelle. Après plus d’un an d’occupation illégale, il retrouve une maison détruite, des factures lourdes et aucune garantie de réparation.
L’avocat envisage désormais des poursuites judiciaires contre les squatteurs, mais la procédure s’annonce longue, coûteuse, et sans assurance de remboursement. « Aujourd’hui, la maison n’est plus habitable. C’est un cauchemar administratif et humain », résume Me Hemery.
Une loi encore fragile face à la réalité

Selon les données du ministère du Logement publiées en juillet 2024, les expulsions liées au squat ont triplé en deux ans, et les saisines préfectorales quadruplé. Des chiffres encourageants, mais le sentiment d’injustice persiste chez de nombreux propriétaires, à l’image de cette affaire à Poitiers.
Christophe Demerson, fondateur du think tank des petits propriétaires, nuance les progrès réalisés : « La loi a mis un peu d’huile dans les rouages, mais le préfet a toujours la main. Si le squatteur refuse de partir, le blocage demeure. »
Alors que le nonagénaire tente de rebâtir une vie après le chaos, son cas soulève une question plus large : qui protège réellement les propriétaires face au squat ? Peut-on parler d’État de droit quand une victime paie pour les actes d’occupants illégaux, sans soutien automatique de la collectivité ?
