Le conseil d’administration dispose d’une marge d’appréciation lui permettant de réduire ce facteur de soutenabilité. Selon la situation financière du régime, il peut retenir une augmentation comprise entre l’inflation diminuée de 0,40 point et l’inflation intégrale. La hausse maximale ne peut normalement pas dépasser l’évolution estimée des prix, ni celle des salaires lorsque cette dernière est inférieure.
Cette disposition est parfois présentée comme une « petite ligne » capable de changer le montant d’une pension. Elle ne correspond pourtant pas à un avantage individuel que certains retraités pourraient obtenir au guichet. La nouvelle valeur du point est fixée collectivement et s’applique à l’ensemble des pensions Agirc-Arrco à compter de sa date d’entrée en vigueur.
Une hausse de 2 % encore très incertaine
Plusieurs estimations publiées pendant l’été évoquent une progression comprise entre 1,2 % et 2 %. Cette fourchette repose sur des hypothèses d’inflation qui peuvent encore évoluer. Aucun taux officiel de revalorisation n’a été arrêté à ce stade par les gestionnaires du régime complémentaire.
L’Insee doit fournir à l’automne une estimation actualisée de l’évolution annuelle des prix à la consommation hors tabac. Cette donnée servira de référence aux partenaires sociaux. Si l’inflation retenue atteignait effectivement 2 %, l’application stricte du facteur de soutenabilité conduirait théoriquement à une hausse de base proche de 1,6 %.
Le conseil d’administration pourrait ensuite utiliser tout ou partie de sa marge de manœuvre pour rapprocher l’augmentation de 2 %. Cette possibilité dépendrait de la conjoncture et de la situation financière du régime. Le chiffre de 2 % représente donc un plafond envisageable dans certains scénarios, et non une augmentation déjà acquise.
La revalorisation concernerait uniquement la pension complémentaire Agirc-Arrco. Une hausse de 2 % ne signifie pas que l’ensemble des revenus de retraite progresserait dans les mêmes proportions. La retraite de base obéit à un autre calendrier et à une formule distincte, indépendante de la décision prise par les partenaires sociaux.
Le précédent du gel décidé en 2025
La formule inscrite dans l’accord ne suffit pas, à elle seule, à garantir une augmentation. Le niveau définitif doit être adopté par le conseil d’administration de l’Agirc-Arrco, où siègent des représentants des organisations patronales et syndicales. Un accord entre les deux collèges reste nécessaire pour modifier la valeur du point.


