L’humour « révolutionnaire » selon Swann Périssé

La discussion a ensuite pris un tour plus direct lorsqu’il a été question de l’existence même d’un humour de droite. Swann Périssé, sollicitée sur le sujet, a évoqué Gaspard Proust comme exemple souvent cité, tout en se montrant prudente sur cette étiquette.
Ce qui a fait réagir, c’est sa critique frontale de certains humoristes qui se revendiquent comme des rebelles de la liberté d’expression. Elle a dénoncé une posture selon elle problématique : « Ils pensent faire de l’humour révolutionnaire en disant qu’on ne peut plus rire de tout. Mais en quoi est-ce nouveau de faire des blagues sexistes ou racistes ? »
Elle a dénoncé des attaques déguisées contre les femmes et les minorités, perpétuées sous couvert de provocation. En pointant ces dérives, Swann Périssé a voulu rappeler que certaines postures comiques ne sont pas des audaces, mais des reproductions d’un vieux modèle de domination.
Quand le rire devient un acte politique

À travers cet échange vif mais argumenté, l’émission a mis en lumière un clivage plus large : l’humour n’est pas neutre. Il peut être vecteur de remise en question, mais aussi outil de confort idéologique.
Guillaume Meurice et Swann Périssé s’inscrivent dans une tradition comique engagée, où le rire sert à questionner les normes, à renverser les certitudes. À l’opposé, une autre frange du monde humoristique revendique le droit à l’irrévérence totale, quitte à ignorer les rapports de force sociaux qu’elle contribue parfois à entretenir.
Cette confrontation entre deux visions de l’humour, cristallisée autour des figures de Pascal Praud d’un côté, et des invités de « Quotidien » de l’autre, témoigne d’un débat de société profond : à quoi sert l’humour ? À qui profite-t-il ? Et surtout, de qui se moque-t-on vraiment ?
