Producteurs et commerçants européens dénoncent depuis longtemps une distorsion majeure de concurrence. Les produits importés à bas prix, exonérés de droits de douane, concurrencent directement des marchandises fabriquées en Europe, soumises à des règles strictes et à des coûts bien plus élevés. La nouvelle taxe vise ainsi à rééquilibrer partiellement les règles du jeu.
Paris a joué un rôle moteur dans ce dossier. La France est engagée dans un bras de fer avec Shein, notamment après des scandales liés à la vente de produits extrêmement sensibles, tels que des poupées sexuelles à l’apparence enfantine ou des armes interdites. Si la réforme complète de l’Union douanière n’entrera en vigueur qu’en 2028, les États membres ont choisi d’agir sans attendre.
Un dispositif transitoire avant une réforme plus large

La taxe de 3 euros s’inscrit dans un mécanisme transitoire, applicable à partir de juillet 2026, en attendant une solution structurelle plus ambitieuse. Elle devrait accompagner — voire précéder — la refonte du système douanier européen, destinée à moderniser et renforcer les contrôles à l’échelle du continent.
Cette taxation n’est qu’un début. Bruxelles prévoit également l’instauration de frais de traitement supplémentaires, à compter de novembre 2026, pour ces mêmes colis de faible valeur. La Commission européenne a proposé de fixer ces frais à deux euros par paquet, afin de financer le renforcement des contrôles et des infrastructures douanières.
