Cela faisait onze ans que Brigitte Bardot n’avait pas accordé d’interview filmée. À 90 ans, l’ex-actrice, retirée du monde du cinéma depuis plus d’un demi-siècle, a choisi BFMTV pour sortir de son silence. Pendant 47 minutes, elle a répondu aux questions de Steven Bellery, chef du service culture de la chaîne, dans un entretien aux allures de confession publique. Toujours cash, toujours à contre-courant, Bardot n’a rien perdu de sa verve.
“Le féminisme ? Ce n’est pas mon truc”
Interrogée sur son statut de symbole de l’émancipation féminine, Brigitte Bardot a immédiatement pris ses distances avec le mouvement féministe. « Le féminisme, ce n’est pas mon truc. Moi, j’aime bien les mecs », a-t-elle affirmé, déclenchant une réaction immédiate de son interlocuteur. Steven Bellery a alors souligné qu’on peut très bien “aimer les hommes et être féministe”, mais la star refuse toute récupération idéologique de son image.
Une prise de position polémique

La discussion a ensuite pris une tournure délicate lorsque Brigitte Bardot a évoqué les cas de Nicolas Bedos et Gérard Depardieu, tous deux accusés ou condamnés pour des faits d’agressions sexuelles. « Regardez ce qui se passe avec eux, ce sont des gens talentueux. Il n’y en a pas 36 qui en ont autant », a-t-elle lancé. Et d’ajouter, dans un propos choc : « Ceux qui ont du talent et qui mettent la main aux fesses d’une fille sont rejetés dans le cul-de-basse-fosse. »
Le talent peut-il excuser les actes ?

Face à cette déclaration stupéfiante, Steven Bellery a tenté de recadrer l’entretien en affirmant que “le talent n’excuse pas tout”. Mais Brigitte Bardot n’en démord pas. Pour elle, les artistes concernés, aussi fautifs soient-ils, devraient avoir le droit de continuer à vivre. « On pourrait au moins les laisser vivre… Ils ne peuvent plus vivre », a-t-elle répété. Une défense jugée déplacée par certains, voire dangereuse dans le contexte actuel.
Un discours à rebours des combats contemporains
Dans ses propos, Brigitte Bardot semble opposer la notion de “génie artistique” à celle de responsabilité individuelle. Selon elle, les conséquences professionnelles vécues par Depardieu ou Bedos seraient disproportionnées face à leur talent. « Après ce qui leur est arrivé, ils ne vont pas trouver beaucoup de travail », regrette-t-elle. Une vision qui entre en collision frontale avec les valeurs portées par les mouvements #MeToo et les appels à la justice pour les victimes.
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