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9 septembre 2026

Un fermier a laissé cinq vaches sur une île isolée en 1871, 130 ans plus tard, des scientifiques ont séquencé et congelé leur ADN

Contre toute attente, ils ne disparaissent pas. Leur population augmente considérablement au fil des générations, jusqu’à atteindre environ 2 000 individus en 1952, avant de diminuer à cause d’une maladie puis de retrouver des effectifs comparables plusieurs décennies plus tard.

Leur ADN révèle une origine inattendue

Pour comprendre comment une population issue d’un nombre aussi faible d’animaux avait réussi à prospérer, des chercheurs ont analysé l’ADN de dix-huit bovins prélevés en 1992 et 2006. Huit génomes complets ont notamment été séquencés.

Les résultats montrent que le troupeau possédait une ascendance beaucoup plus diversifiée qu’un simple groupe de bovins européens. Environ trois quarts de son patrimoine génétique provenaient de bovins taurins européens, proches notamment de la Jersey actuelle, tandis que le quart restant était associé au zébu de l’océan Indien.

Cette combinaison génétique était vraisemblablement déjà présente chez les animaux fondateurs venus de La Réunion. Elle aurait contribué à maintenir une diversité génétique étonnamment importante malgré un départ limité à seulement cinq individus.

Une évolution qui aurait surtout transformé leur comportement

Les chercheurs se sont également intéressés à une hypothèse avancée auparavant : celle d’un spectaculaire « nanisme insulaire ». Une étude antérieure estimait que les bovins avaient perdu environ un quart de leur taille en un peu plus d’un siècle.

Les nouvelles analyses génétiques n’ont cependant identifié aucun signal clair indiquant une sélection naturelle favorisant une diminution de la taille. Les scientifiques pensent plutôt que les bovins fondateurs, notamment en raison de leurs ascendances Jersey et zébu, étaient déjà relativement petits.

Les transformations les plus intéressantes apparaissent ailleurs. Certains des signaux évolutifs observés concernent des gènes associés au système nerveux et au comportement. Au fil des générations, les animaux auraient adopté une organisation plus proche de celle de populations sauvages, devenant notamment plus indépendants et vigilants.

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