L’incubation du virus varie entre deux et dix jours, mais les symptômes peuvent être brutaux et handicapants. Le chikungunya provoque des douleurs articulaires intenses touchant poignets, doigts, chevilles ou genoux, avec une fièvre soudaine, des maux de tête, des douleurs musculaires, parfois une éruption cutanée, une conjonctivite ou des saignements de nez et des gencives.
Le nom « chikungunya » signifie d’ailleurs « marcher courbé » en langue makondée, une image parlante pour évoquer la posture adoptée par les malades souffrant de douleurs articulaires aigües. Ces douleurs peuvent persister jusqu’à trois mois, voire plus.
Des complications neurologiques rares mais graves
Dans certains cas, la maladie peut engendrer des complications sérieuses, notamment chez les personnes âgées, immunodéprimées ou les nourrissons. Des atteintes neurologiques comme des méningo-encéphalites ou des inflammations nerveuses ont été recensées.
La mortalité liée au chikungunya reste rare, mais les personnes décédées présentaient souvent d’autres pathologies. Une fois guérie, l’immunité est durable, et il est très peu probable de contracter une seconde fois la maladie. Néanmoins, plus de 50 % des patients gardent des séquelles jusqu’à deux ans après l’infection, avec un impact significatif sur leur qualité de vie.
Pas de traitement curatif, mais un vaccin sous surveillance

Actuellement, aucun traitement curatif n’existe pour soigner le chikungunya. La prise en charge repose sur des antalgiques et anti-inflammatoires pour soulager les douleurs. Les symptômes, notamment la fièvre et les éruptions, disparaissent généralement au bout de quelques jours.
Un vaccin nommé Ixchiq a été autorisé en 2024, mais sa prescription reste encadrée. Des effets indésirables graves ont été signalés chez les personnes âgées de plus de 80 ans, conduisant les autorités sanitaires à restreindre son usage aux moins de 65 ans. L’Agence européenne du médicament a cependant réévalué le vaccin en juillet, l’autorisant sous conditions pour les plus de 65 ans.
Une prévention qui repose sur la vigilance individuelle

La meilleure arme contre le chikungunya reste la prévention, en particulier contre le moustique tigre. L’Institut Pasteur recommande de porter des vêtements longs, d’utiliser des répulsifs adaptés et d’employer des insecticides. Mais le geste le plus efficace consiste à supprimer tous les points d’eau stagnante, même de très petite taille.
Bacs de récupération d’eau, soucoupes, jouets, pneus, gouttières mal entretenues : autant de nids à moustiques dans lesquels les femelles viennent pondre. Un bouchon rempli d’eau suffit au développement des larves.
