Mais derrière ce clin d’œil se cachait une interrogation politique bien réelle. Le sous-entendu visait les relations internes du Rassemblement national, et notamment la dynamique entre Bardella et Marine Le Pen, toujours en position de candidate pour 2027, mais fragilisée par une procédure judiciaire. Thomas Sotto enchaîne d’ailleurs rapidement : « Soit Marine Le Pen est condamnée sans inéligibilité, soit elle l’est avec inéligibilité, et ce sera vous, dès le soir du jugement. C’est aussi simple que ça ? »
Une réponse maîtrisée et piquante
Face à cette tentative d’enfermement rhétorique, Jordan Bardella n’a pas perdu son calme, ni son sens de la formule. Avec un ton à la fois amusé et ferme, il a lancé à son interlocuteur : « Je vous mets 20 sur 20, parce que vous avez à peu près compris le sens des déclarations que nous avons faites avec Marine Le Pen ces derniers jours. »* Une remarque qui a surpris Thomas Sotto, qui s’attendait visiblement à une réponse plus politique que professorale.
Le président du RN a ensuite précisé sa pensée, réaffirmant la position de Marine Le Pen comme “candidate naturelle” de son parti pour la présidentielle de 2027. Il a rappelé que la décision judiciaire était toujours en cours d’appel et que, jusqu’à preuve du contraire, l’ancienne députée reste « présumée innocente ».
En choisissant le ton de l’humour maîtrisé, Bardella a retourné la situation à son avantage, refusant d’entrer dans le jeu des projections prématurées. Une stratégie de communication qu’il affectionne et qui lui permet souvent de désamorcer les moments les plus tendus sans paraître sur la défensive.
Un précédent déjà tendu entre les deux hommes
Ce n’est pas la première fois que Jordan Bardella fait face à une tentative de provocation de Thomas Sotto. En janvier dernier, l’animateur l’avait déjà poussé à se prononcer sur l’héritage de Jean-Marie Le Pen, quelques jours après le décès du fondateur du Front National.
Bardella, visiblement agacé, avait rappelé qu’il n’était pas question de “porter l’héritage politique” de Le Pen père, tout en reconnaissant que celui-ci avait été un « visionnaire sur bien des sujets »… malgré ses « excès ». Une réponse mesurée qui visait à éviter le piège d’une polémique posthume, mais qui n’avait pas échappé aux observateurs politiques.
Thomas Sotto avait alors insisté avec insistance sur les zones d’ombre du passé politique du parti, allant jusqu’à lui demander s’il en voulait personnellement à Jean-Marie Le Pen. Une approche frontale que Bardella avait jugée déplacée dans le contexte du deuil.

