Les requérants s’appuient notamment sur les recommandations publiées en juin par le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL), après une visite de l’établissement en mars. Les chiffres présentés devant le tribunal témoignent d’une importante surpopulation : conçue dans les années 1960 pour 622 places, la prison accueillerait environ 1 188 détenus.
Selon les données du CGLPL citées à l’audience, 639 personnes seraient hébergées à trois dans une même cellule. Par ailleurs, plus de 200 détenus auraient été contraints de dormir sur des matelas posés directement au sol dans des espaces d’environ neuf mètres carrés.
Cafards, douches sans portes et violences dénoncés
Au-delà de la surpopulation, les avocats ont décrit des conditions sanitaires particulièrement préoccupantes. La présence généralisée de cafards dans certaines parties de l’établissement figure parmi les problèmes les plus alarmants rapportés devant le juge.
Un avocat a notamment affirmé que certains détenus en viendraient à dormir avec du papier dans la bouche par crainte d’avaler des insectes pendant leur sommeil. Des douches collectives dépourvues de portes ont également été signalées, soulevant des questions concernant l’intimité et la dignité des personnes détenues.
Le climat au sein de l’établissement serait lui aussi fortement dégradé. Le CGLPL aurait constaté une augmentation de 96 % des violences entre détenus entre 2023 et 2025, une évolution mise en avant par les requérants pour démontrer l’urgence de la situation.
Le directeur reconnaît une situation particulièrement difficile
Présent à l’audience, le directeur du centre pénitentiaire n’a pas contesté l’ampleur des difficultés. Il a reconnu une situation « compliquée » liée notamment à une surpopulation carcérale croissante, partageant en partie le constat particulièrement sévère dressé sur son établissement.



