Jordan Bardella tente de se poser en homme d’État, évoquant une posture présidentielle au micro du Parisien. « Les qualités qu’on attend d’un Premier ministre ou d’un président sont similaires », explique-t-il. Compréhension des Français, capacité à rassembler, écoute : il se positionne comme une alternative sérieuse, préparée et volontaire.
Mais certains observateurs pointent encore des zones d’ombre dans son positionnement politique. Jean-Yves Camus, spécialiste de l’extrême droite, note auprès de France 24 qu’il reste vulnérable sur certains sujets sensibles, comme les retraites ou la Russie. Des lignes idéologiques encore mouvantes, qui pourraient le fragiliser dans un débat présidentiel de haute intensité.
Marine Le Pen entre défiance judiciaire et calcul politique

Condamnée en première instance, Marine Le Pen refuse toutefois de se retirer de la course. Sur TF1, elle tempérait : « J’espère que nous n’aurons pas à user de l’atout Bardella plus tôt qu’il n’est nécessaire. » Et elle rappelait que la présidentielle est une élection « intuitu personae », qui dépasse les logiques partisanes. Pour l’instant, le plan A reste officiellement en vigueur.
Il y a un mois encore, l’idée d’un plan B agaçait au sein du parti. Philippe Olivier, proche de Marine Le Pen, affirmait que Bardella avait encore le temps de se préparer, le tout dans une logique de binôme stratégique. Le climat semble pourtant avoir changé, à mesure que le risque judiciaire se précise pour la candidate historique.
Selon un sondage Elabe pour BFMTV et La Tribune Dimanche, Marine Le Pen comme Jordan Bardella dominent nettement les intentions de vote. Réalisée début avril, cette enquête place la députée du Pas-de-Calais entre 32 % et 36 % dans les six configurations testées. Jordan Bardella, quant à lui, atteint entre 31 % et 35,5 %. Un signal fort : l’électorat semble déjà prêt à faire le saut.
