Selon le sénateur, le permis n’aurait pas augmenté le nombre de conducteurs, mais simplement remplacé une dépense individuelle par un financement mutualisé, mobilisant près de 300 millions d’euros par an.
Un usage majoritairement fait par des actifs
Les chiffres avancés par le Sénat montrent que moins d’un tiers des bénéficiaires du CPF pour le permis étaient des demandeurs d’emploi. Plus de 75 % avaient plus de 25 ans et étaient déjà insérés dans la vie professionnelle.
Pour les défenseurs de la réforme, cela justifie de réserver ce droit aux personnes en recherche d’emploi, pour lesquelles la mobilité peut constituer un frein majeur à l’embauche.

Colère des auto-écoles et des associations
Du côté des professionnels du secteur, la réaction est vive. Les auto-écoles dénoncent une mesure qui risque d’exclure une partie importante de la population active de l’accès au permis. L’association « 40 millions d’automobilistes » et la Fédération des auto-écoles nouvelle génération parlent d’une véritable « fracture sociale ».
Selon elles, cette décision pénalise particulièrement les habitants des zones rurales et périurbaines, les ouvriers, les aides à domicile ou encore les intérimaires, pour qui la voiture reste indispensable faute de transports en commun efficaces.
Un débat qui dépasse la simple question budgétaire
Au-delà du budget, cette réforme soulève une interrogation plus large sur la place de la mobilité dans l’égalité des chances. Le CPF, initialement conçu comme un outil de progression professionnelle, s’était progressivement transformé en un facilitateur d’autonomie quotidienne.
