Avec plus de 100 millions de touristes étrangers accueillis en 2024, la France peut se targuer d’un record mondial. Pourtant, en matière de recettes touristiques, elle n’occupe que la quatrième place mondiale, avec 71 milliards d’euros générés, loin derrière l’Espagne et ses 126 milliards, alors même que la péninsule ibérique attire moins de visiteurs.
Pour Dominique Marcel, président de l’Alliance France Tourisme (AFT), ce paradoxe s’explique facilement : beaucoup de touristes ne font qu’y transiter, sans y dépenser significativement. Or, « ce qui compte, ce n’est pas le nombre, mais la dépense touristique », souligne-t-il.
Des vacanciers français de plus en plus critiques
Côté français, l’heure est au désenchantement. Sur RMC, plusieurs auditeurs dénoncent un niveau de prix dissuasif, notamment comparé à l’étranger. Erwan, agent immobilier en Bretagne, tire un constat sans appel :
« Mes parents paient 1.400 euros pour une semaine en mobil-home. Moi, pour 300 euros, j’ai un hébergement de rêve à Barcelone ou à Marrakech. »
Face à de telles différences, beaucoup de Français préfèrent désormais partir à l’étranger, attirés par des prestations équivalentes, voire supérieures, pour un prix bien inférieur.
Une mauvaise image pour les visiteurs étrangers aussi
Le coût de la vie touristique en France choque également les étrangers. Nicolas, habitant de Salon-de-Provence, raconte avoir vu ses beaux-parents italiens « scandalisés » par des parkings à 5 euros de l’heure dans de simples villages provençaux.
Ces tarifs jugés abusifs, cumulés à des prestations parfois peu qualitatives ou vétustes, finissent par entamer l’attractivité économique de la destination France, malgré ses atouts culturels et géographiques incontestables.


