Le poids des rapports officiels qui encouragent l’exclusion

Deux rapports ont ravivé la tempête.
Le premier, publié en juin 2025 par le Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie, recommande d’exclure l’ostéopathie des contrats responsables au motif qu’elle ne dispose pas “d’un niveau de preuve scientifique suffisant”, se fondant sur une revue de l’Inserm datant de 2012.
Le second, émanant du Sénat en 2024, propose de rendre optionnelle la couverture de ces pratiques pour freiner la hausse des tarifs des complémentaires. Les sénateurs soulignent que les dépenses liées aux médecines douces ont été multipliées par cinq en huit ans, atteignant 1 milliard d’euros.
Pour eux, sortir ces remboursements de l’offre de base pourrait réduire la pression financière pesant sur les mutuelles, et donc sur les cotisations.
Le paradoxe de l’État : ce qu’il interdit d’un côté, il l’impose de l’autre
Cette orientation créerait un casse-tête dans la fonction publique. Les nouveaux contrats collectifs négociés par certains ministères – notamment l’Éducation nationale – intègrent l’ostéopathie et même l’étiopathie dans leurs garanties obligatoires.
Séverine Salgado, directrice de la Fédération nationale de la Mutualité française, pointe une contradiction flagrante : d’un côté, l’État régulateur veut exclure ces soins ; de l’autre, l’État employeur les impose dans les cahiers des charges destinés à ses agents.
Cette incohérence est aussi dénoncée par le HCAAM, qui estime que l’État “contribue à la confusion entre science et croyance” en intégrant ces prestations dans les assurances des fonctionnaires. Pour l’instance, il s’agirait d’un “gaspillage total des ressources publiques”.
