Cette motion, la septième à laquelle François Bayrou faisait face depuis le début de son mandat, était motivée par le rejet expéditif de la loi Duplomb. Un texte controversé, notamment pour la réintroduction à titre exceptionnel d’un néonicotinoïde, pesticide pourtant réputé nocif pour les pollinisateurs. L’examen parlementaire avait été écourté par une manœuvre de procédure jugée « scandaleuse » par la gauche radicale : le dépôt d’une motion de rejet… par les propres soutiens du projet.
Une division stratégique au sein de la gauche

À la tribune, le Premier ministre s’est montré mordant : « C’est la première fois que l’Assemblée est invitée à voter contre elle-même. Le gouvernement n’est pas à l’origine de ce texte, mais il est coupable », a-t-il lancé avec ironie, pointant la singularité de la situation.
Mais la fronde n’a pas réussi à faire bloc. Les socialistes, bien qu’opposés à la méthode employée, ont refusé de soutenir la motion, critiquant l’orientation politique de leurs collègues de gauche. « Nous ne voulons pas voter une censure contre le Parlement », a tranché Mélanie Thomin, députée PS, en appelant à une autre forme de contestation institutionnelle.
Le Rassemblement national en embuscade

Du côté du Rassemblement national, le mot d’ordre fut également à la retenue, mais teinté d’un avertissement politique. S’ils n’ont pas joint leurs voix à la censure, les élus RN ont tout de même fait entendre leur mécontentement. Sébastien Chenu, vice-président du parti, s’est montré menaçant : « Votre tour viendra. Vous nous aurez face à vous. Jamais les députés du RN ne fuiront leurs responsabilités. »
Un signal clair que le gouvernement devra compter avec une opposition vigilante et imprévisible, mais encore loin d’être unie.
