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17 octobre 2026

Lycéens mobilisés: quinze jours de cours perdus, qui les rattrape?

15 jours
C’est la durée de cours perdus pendant le mouvement lycéen lancé fin septembre.

Un retard jugé « gérable », mais la crainte des décrocheurs en seconde

Les enseignants partagent un constat: à ce stade, l’ampleur du retard reste maîtrisable. « Pour l’instant, c’est gérable, d’autant que le mouvement est un peu retombé cette semaine », estime Déborah Caquet. Florent Ternisien, de la CFDT éducation formations recherche publique, parle d’« un volume d’heures rattrapable », à un moment de l’année où « on peut voir venir ».

Les cours du tronc commun sont moins touchés que les enseignements de spécialité. Le risque se situe ailleurs: « La crainte, c’est pour les élèves décrocheurs », souligne Déborah Caquet, qui redoute qu’ils aient du mal à rattraper.

Enora, enseignante dans un lycée de région parisienne, évoque la seconde: « Là, le lien est rompu, on a peur que des élèves décrochent, que les ambiances de classe se dégradent. »

Rattrapage: accélérer le programme, remplacer, supprimer le grand oral

Chacun a sa méthode. Enora espère rattraper le retard en accélérant sur les autres chapitres du cours. La CFDT refuse d’empiler des heures supplémentaires à la rentrée: « Il faut entendre ce que les élèves ont à dire, mais ce n’est pas plus d’heures », tranche Florent Ternisien, pour qui « des remplacements seraient plus utiles ».

Gwenaël Le Paih, du SNES-FSU, met en garde contre le fait de ne pas « tout faire peser sur les 3.000 TZR », ces enseignants remplaçants annoncés par le ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray. Il plaide pour la suppression du grand oral: « L’annulation de la préparation de cette épreuve pourra servir à libérer des heures pour tout le reste du programme. »

Il réclame surtout un cadre: « On ne peut pas laisser les collègues se débrouiller tout seuls, il faudra un accompagnement au niveau national. »

En attendant, les établissements bricolent. À Rezé, près de Nantes, le proviseur du lycée Jean-Perrin a réuni un conseil pédagogique extraordinaire. Résultat: travail à distance, et notes comptées sur le semestre plutôt que sur le trimestre pour obtenir « des moyennes représentatives ».

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