Les réactions ne sont donc pas parfaitement identiques d’un individu ou d’un groupe à l’autre, mais les résultats suggèrent clairement que les sons produits par les globicéphales peuvent provoquer une réaction d’évitement chez les orques.
Pourquoi les orques réagissent-elles ainsi ?
De nouvelles recherches publiées en janvier 2026 ont apporté d’autres éléments. Après avoir entendu les globicéphales, les orques peuvent modifier l’organisation de leur groupe et nager davantage côte à côte, réduisant ainsi les espaces entre les individus.
Les chercheurs ont également remarqué une brève augmentation des vocalisations, potentiellement destinée à prévenir les autres membres du groupe. Les animaux deviennent ensuite beaucoup plus silencieux tout en s’éloignant.
Cette réaction n’est pas anodine. Certaines orques interrompent même leur recherche de nourriture pour quitter la zone, ce qui représente une dépense énergétique et peut leur faire perdre une occasion de s’alimenter.
Les scientifiques parlent ainsi d’une réaction « aversive » aux vocalisations des globicéphales. Reste une question essentielle : qu’est-ce qui pousse un prédateur aussi puissant à éviter ces animaux ?
Une première possibilité serait la compétition alimentaire. Or, cette explication ne semble pas suffisante. Dans les eaux islandaises notamment, les orques consomment beaucoup de harengs, tandis que les globicéphales semblent davantage rechercher des céphalopodes comme les calamars.
Plusieurs théories, mais toujours aucune certitude
Une autre hypothèse intéresse particulièrement les chercheurs : celle du harcèlement collectif d’un prédateur. Ce comportement existe chez de nombreuses espèces animales.
Plutôt que d’attendre une éventuelle attaque, plusieurs individus se regroupent et poursuivent le prédateur afin de l’obliger à quitter leur territoire. Les globicéphales pourraient donc profiter de leur nombre pour mettre les orques sous pression et les éloigner préventivement.
Cette théorie présente toutefois une faiblesse importante. Malgré de nombreuses rencontres observées entre les deux espèces, aucune attaque physique directe et clairement documentée de globicéphales contre des orques ne permet pour l’instant de confirmer cette explication.


