Toutefois, les spectateurs les plus attachés au roman de Mary Shelley restent plus réservés. Plusieurs critiques regrettent un scénario qui s’éloigne trop du texte originel pour privilégier la contemplation. Charlotte (2 / 5) déplore “des effets spéciaux trop visibles et un message affaibli”. De son côté, Pablo Rodriguez Robert (1 / 5) juge l’ensemble “tiré entre hommage et trahison, hybride et inabouti”. Ce reproche revient souvent : si Del Toro magnifie la forme, certains estiment qu’il dilue la philosophie du roman, notamment son questionnement moral sur la responsabilité du créateur.
Malgré ces réserves, Frankenstein s’impose comme une œuvre profondément personnelle, marquée par la signature poétique et mélancolique du cinéaste mexicain. Fidèle à sa vision du monstre comme miroir de l’humanité, Del Toro filme la difformité avec tendresse et détresse. La beauté naît de la souffrance, la vie du chaos, et la frontière entre homme et créature s’efface dans un dernier acte déchirant.
