Vers une remise à plat du calendrier européen ?

La voix des constructeurs n’est plus isolée. Laurent Favre, directeur de l’équipementier OPmobility, a récemment appelé à “remettre le consommateur final au cœur de la stratégie”. Selon lui, l’Europe ne peut ignorer la demande réelle du marché sous peine d’affaiblir davantage son tissu industriel.
Un changement de ton notable : là où les industriels soutenaient hier à l’unisson le virage de 2035, ils demandent aujourd’hui de la souplesse. Ce revirement, dicté par la réalité économique et les doutes des automobilistes, pourrait bien forcer Bruxelles à réévaluer son calendrier, ou du moins ses modalités d’application.
L’avenir du thermique suspendu à la réalité du marché
À ce stade, la date de 2035 n’est pas officiellement remise en cause, mais les fissures s’élargissent. Ce qui semblait être un cap ferme devient désormais un horizon soumis à condition. Le succès de la transition dépendra désormais moins de la volonté politique que de l’adhésion concrète des citoyens et de la capacité du marché à suivre.
Une chose est sûre : le chemin vers l’électrification totale s’annonce bien plus sinueux que prévu, et la question n’est plus seulement de savoir quand on sortira du thermique, mais surtout comment — sans sacrifier ni le consommateur, ni l’industrie.
