C’est à ce moment précis que François Bayrou, jusque-là silencieux, propose un nom pour assurer la transition et apaiser les tensions au sein de la coalition. Le Palois, conscient de sa propre fragilité, suggère une figure capable de rétablir la confiance tout en incarnant une forme de continuité : Sébastien Lecornu. Ministre respecté et pragmatique, il apparaît, selon Bayrou, comme « l’un des rares à pouvoir tenir les deux bouts — la loyauté à Macron et la main tendue aux Républicains ». Emmanuel Macron, d’abord réservé, se montre attentif. Quelques jours plus tard, il confirmera ce choix.
Un dernier acte avant la chute
Mais la manœuvre n’aura fait que retarder l’inévitable. Le 8 septembre, le gouvernement Bayrou tombe, emporté par l’absence de majorité et la lassitude du Parlement. Lecornu est alors désigné Premier ministre, symbole d’un compromis bancal et d’un exécutif déjà fragilisé. L’épisode du déjeuner à l’Élysée, resté longtemps confidentiel, éclaire aujourd’hui les tensions internes qui minaient la coalition depuis des mois : un président isolé, un Premier ministre condamné et des alliés divisés sur la direction à prendre.
