Côté gouvernement, la ligne se dessine rapidement. Yannick Neuder, ministre de la Santé, appelle vendredi à « réévaluer au niveau européen » l’impact de l’acétamipride. « Il s’agit bien de mettre la France au même niveau de principe de précaution que les autres pays européens », martèle-t-il. L’objectif : « interdire ce produit » si les risques s’avèrent réels.
Annie Genevard riposte depuis Bercy. La ministre de l’Agriculture dénonce « une divergence entre le droit français et le droit européen » qui maintient « les conditions d’une concurrence inéquitable ». Sa promesse aux filières menacées sonne comme un engagement : le gouvernement sera « à leurs côtés pour ne pas les laisser sans solution ».
La FNSEA monte au créneau. Le premier syndicat agricole qualifie la décision des Sages « d’inacceptable ». Leurs producteurs de betteraves et de noisettes restent privés d’armes face aux ravageurs.
À l’opposé, les écologistes préparent leur contre-offensive. Le groupe à l’Assemblée annonce une proposition de loi pour obtenir « une abrogation totale » du texte.
Laurent Duplomb, sénateur LR et père du texte controversé, refuse de baisser les bras. Il n’exclut pas « un nouveau texte » pour réintroduire l’acétamipride, cette fois en respectant les critères imposés par le Conseil constitutionnel.
