En pleine recomposition du paysage politique, il rejoint une liste croissante de prétendants déjà déclarés : Édouard Philippe, Xavier Bertrand, David Lisnard ou encore Nicolas Dupont-Aignan sont eux aussi sur les rangs. Tous cherchent à incarner une alternative, mais de Villepin, lui, affiche une ligne singulière, celle d’un diplomate de formation et d’un homme d’État à l’ancienne.
Une opposition ancienne et viscérale avec Emmanuel Macron
Plus qu’un simple désaccord politique, Dominique de Villepin nourrit depuis des années une profonde inimitié envers Emmanuel Macron. Selon des témoignages rapportés par Le Point, les deux hommes se détestent cordialement. Un ancien diplomate le résume d’un trait acide : « C’est la rencontre entre un égocentrique et un narcissique. Irréconciliables. »
De Villepin ne cache pas son mépris pour la méthode macronienne. Là où Macron revendique un dépassement des clivages, lui prône le respect des corps intermédiaires et la refondation des partis politiques : « À l’inverse d’Emmanuel Macron, je ne veux pas les effacer, je construis le mien en repartant de la base. » Une attaque directe à la logique de verticalité jupitérienne qui a marqué le quinquennat du président actuel.
Une expérience internationale comme argument maître
Dominique de Villepin compte capitaliser sur son image d’homme d’expérience, notamment dans les affaires internationales. Une manière subtile mais assumée de pointer le manque de bagage diplomatique de son adversaire : « Je suis convaincu qu’en 2027, on ne pourra plus élire un président qui n’a pas été confronté au réel du monde. »
Ce positionnement résonne particulièrement dans un contexte international instable, entre tensions géopolitiques et crises multiples. De Villepin entend incarner une voix apaisée, mais ferme, à contre-courant du brouhaha populiste et du marketing politique.
Une humiliation mémorable en 2017
L’animosité entre les deux hommes remonte à 2017, année de la première élection d’Emmanuel Macron. Ce soir-là, fraîchement qualifié pour le second tour face à Marine Le Pen, Macron tente de convier Dominique de Villepin à la Rotonde, célèbre restaurant parisien. Réponse cinglante de l’ancien ministre : un SMS glacial dans lequel il lui rappelle les leçons de Jacques Chirac en 2002 : « Gravité, humilité, sobriété. »
Depuis, les échanges se sont raréfiés, et les piques publiques se sont multipliées. En juillet 2024, lorsque le camp présidentiel essuie une lourde défaite aux législatives, Dominique de Villepin s’en amuse avec une formule lapidaire : « Jupiter est mort, et il a été battu dans les urnes. »


