L’hôpital justifie l’absence de prise de contact en assurant que la défunte avait demandé à ce que sa famille ne soit pas informée de son état de santé. Mais cette volonté, de nature médicale, n’impliquait pas nécessairement de les tenir dans l’ignorance après son décès.
Cette nuance, lourde de conséquences, est aujourd’hui au cœur de l’incompréhension des parents.
Cinq semaines au funérarium avant une inhumation anonyme
L’autre choc est celui des funérailles. Jean Forest découvre que le corps de sa fille est resté cinq semaines au funérarium municipal avant d’être inhumé dans le “terrain commun” du cimetière de la Croix-Rousse, c’est-à-dire une sépulture sans concession familiale.
Le pôle municipal assure qu’un employé a tenté de retrouver la famille via Internet, sans succès.
Mais pour le père, il existait de multiples moyens de retrouver leur trace, notamment via l’adresse figurant sur la carte d’identité de Marjolaine ou via celle de ses parents, garants de leur fille.
Durant ces dernières semaines, Marjolaine n’a pourtant pas été totalement seule. L’association Morts sans toi(t), qui accompagne les défunts isolés, était présente, notamment une ancienne camarade d’université qui lui a rendu hommage par un poème lors de la cérémonie.
