Fin décembre, son avocat, Philippe Ohayon, avait déposé une demande auprès du Comité contre la torture des Nations unies, par crainte d’une extradition prochaine vers les États-Unis, mais cette instance a refusé d’enregistrer sa demande. Depuis, il a fait appel au Comité des droits de l’homme de l’ONU.
« Alors que le Comité des droits de l’homme est saisi, il semble que l’extradition ait été précipitée. Ce genre de manœuvre entre les États-Unis et la France ne doit plus jamais se reproduire », regrette l’avocat.
« Ici, Français et Américains se sont mis d’accord pour extrader un Français pour des faits commis en France dans le cadre d’une enquête menée par un juge d’instruction français. C’est sans précédent dans l’histoire de la justice », a reproché Me Ohayon.
Selon l’avocat, aux Etats-Unis, l’ancien étudiant risque jusqu’à 116 ans de prison s’il est reconnu coupable. Mercredi, la porte-parole du Quai d’Orsay, Anne-Claire Legendre, interrogée par l’AFP, a déclaré que « le calendrier de l’extradition de M. Sébastien Raoult relève des relations souveraines entre le Maroc et les Etats-Unis ».

La Cour de cassation marocaine, jugeant en premier et dernier ressort, avait rendu le 20 juillet dernier un avis positif à la demande d’extradition de Sébastien Raoult par les Etats-Unis.
Fin décembre, le Premier ministre marocain, Aziz Akkhanouch, a signé le décret d’extradition, conformément à la procédure habituelle. A réception du décret, les Etats-Unis disposaient de 30 jours pour remettre le prévenu.
Cette remise intervient dans le cadre d’une crise diplomatique persistante entre le Maroc et la France, qui a été accusée ces derniers jours d’avoir « orchestré » une campagne anti-marocaine à Bruxelles.
Les députés et médias marocains ont dénoncé le vote récent d’une nouvelle résolution du Parlement européen qui exprimait son inquiétude face à la détérioration de la liberté de la presse au Maroc et aux allégations de corruption dans le pays.
