En Haute-Savoie, près d’Annemasse, Marieke parcourt environ 150 kilomètres par jour. Elle explique avoir réduit sa zone d’intervention et ne plus se rendre dans certains villages.
Pour une simple prise de sang rémunérée 6,58 euros, elle peut effectuer jusqu’à quarante minutes de trajet aller-retour. Une situation qui l’inquiète particulièrement pour les patients dépendants vivant dans des secteurs isolés.
Certains patients sont désormais refusés en raison de la distance

En Haute-Garonne, Fadela rencontre les mêmes difficultés. Invitée sur RMC mardi matin, cette infirmière libérale affirme ne plus accepter les demandes provenant de patients situés à plus de 13 ou 14 kilomètres de son cabinet.
Elle raconte avoir récemment refusé une intervention auprès d’un patient vivant en montagne, à 18 kilomètres de son lieu de travail. Le trajet représentait 36 kilomètres aller-retour pour une rémunération totale de 6,18 euros, selon ses calculs.
« Je ne suis pas une nonne », lance-t-elle pour dénoncer une situation dans laquelle elle estime travailler à perte.
Judicaël Feigueux, vice-président de Convergence infirmière, confirme que l’éloignement géographique devient un critère dans l’organisation des tournées. Il précise que les soins présentant un risque vital restent prioritaires, tandis que certaines interventions moins urgentes peuvent être réorientées vers des collègues installés plus près des patients.
