
Déclaré entièrement coupable dans l’affaire de chantage à la sextape, le maire LR déchu s’enfonce dans une tourmente judiciaire qui remonte à près de dix ans. Le tribunal correctionnel de Lyon n’a laissé aucune ambiguïté : quatre ans de prison ferme, assortis de cinq ans d’inéligibilité, avec exécution immédiate. La présidente a suivi les réquisitions du parquet, qui accusait le maire de chantage, détournement de fonds publics, soustraction par personne dépositaire de l’autorité publique et participation à une association de malfaiteurs. La décision, lue dans une salle sous tension, a été accueillie par quelques applaudissements discrets, révélateurs de l’onde de choc provoquée par cette condamnation.
Le maire crie à l’injustice et annonce son appel
Impassible au moment du jugement, Gaël Perdriau a rapidement réagi à la sortie du tribunal. Devant les caméras, il a martelé : « Je suis innocent, cette décision est totalement incompréhensible », précisant qu’il ferait appel. Une déclaration en total décalage avec les engagements qu’il avait pris quelques semaines plus tôt : renoncer à tous ses mandats si la justice retenait la moindre culpabilité.

Une machination élaborée pour neutraliser un rival
L’enquête a mis au jour un engrenage glaçant. Dès 2014, un piège est orchestré à Paris pour compromettre Gilles Artigues, alors député centriste et adversaire politique de Perdriau. Dans une chambre d’hôtel, un escort boy est recruté à son insu par Samy Kéfi-Jérôme, adjoint à l’Éducation, tandis que des caméras cachées enregistrent la scène.
Ensuite, pendant plusieurs années, ces images intimes sont utilisées comme moyen de pression afin d’empêcher Artigues de contester l’autorité du maire. Le stratagème ne s’effondre qu’en 2022, lorsque Mediapart révèle l’existence de la sextape.
Une chute politique lente mais inévitable

