La méthode choisie surprend. Les scientifiques analysent diverses souches présentes dans l’intestin de chauves-souris atteintes d’un cancer du côlon. Ces petits mammifères deviennent leurs témoins privilégiés. Chaque souche bactérienne est passée au crible, scrutée, disséquée.
C’est là que l’évidence éclate. Certaines souches de Morganella morganii fabriquent de petites molécules mortelles : les indolimines. Ces substances génotoxiques attaquent directement notre patrimoine génétique. Elles endommagent l’ADN humain de manière sournoise.
« Nous avons découvert que divers microbes intestinaux présentaient des activités endommageant l’ADN, ce qui suggère que la génotoxicité médiée par le microbiote pourrait être plus répandue qu’on ne le pensait auparavant », révèle Noah Palm, co-auteur de l’étude.
Cette révélation change tout. La bactérie ne se contente pas d’être présente. Elle produit activement des toxines qui sabotent nos cellules. Le mécanisme du crime devient limpide : ces indolimines transforment nos propres intestins en champ de bataille génétique.
Mais les chercheurs ne s’arrêtent pas là. Il leur faut des preuves plus solides, des témoignages humains.

L’Expérience Décisive : 11 Patients Sous Surveillance
Les preuves humaines arrivent rapidement. Les scientifiques recrutent 11 patients atteints de maladies inflammatoires de l’intestin. Ces volontaires deviennent les témoins cruciaux de cette enquête médicale. Leur profil n’est pas anodin : ces pathologies constituent un facteur de risque majeur du cancer colorectal.
