« Nous avons découvert que divers microbes intestinaux présentaient des activités endommageant l’ADN, ce qui suggère que la génotoxicité médiée par le microbiote pourrait être plus répandue qu’on ne le pensait auparavant », révèle Noah Palm, co-auteur de l’étude.
Cette révélation change tout. La bactérie ne se contente pas d’être présente. Elle produit activement des toxines qui sabotent nos cellules. Le mécanisme du crime devient limpide : ces indolimines transforment nos propres intestins en champ de bataille génétique.
Mais les chercheurs ne s’arrêtent pas là. Il leur faut des preuves plus solides, des témoignages humains.

L’Expérience Décisive : 11 Patients Sous Surveillance
Les preuves humaines arrivent rapidement. Les scientifiques recrutent 11 patients atteints de maladies inflammatoires de l’intestin. Ces volontaires deviennent les témoins cruciaux de cette enquête médicale. Leur profil n’est pas anodin : ces pathologies constituent un facteur de risque majeur du cancer colorectal.
L’analyse devient titanesque. Plus de 100 types de bactéries intestinales sont extraites de leurs selles et passées au crible. Chaque souche subit une batterie de tests impitoyables. Les chercheurs traquent la moindre trace de génotoxicité.
Les résultats tombent comme un couperet. 18 souches bactériennes endommagent le matériel génétique sur trois espèces uniques. La confirmation est glaçante : ces micro-organismes attaquent bel et bien notre ADN.
« Nous avons constaté que diverses souches bactériennes isolées de patients atteints de maladies chroniques de l’intestin présentaient des activités endommageant l’ADN et nous avons découvert qu’une famille de génotoxines précédemment non décrite, appelée les indolimines, étaient produites par les espèces M. morganii », détaillent les chercheurs.
L’étau se resserre autour du suspect principal. Morganella morganii produit effectivement ces fameuses indolimines chez l’humain. La bactérie ne se contente plus d’être présente dans nos intestins malades. Elle fabrique activement ses armes chimiques, transformant notre flore intestinale en usine à toxines.
Cette expérience humaine scelle le destin de la recherche. Les scientifiques tiennent enfin leur coupable.
