Les dernières paroles d’un homme au bord du gouffre
Avant que les jurés ne se retirent, Cédric Jubillar a pris la parole une ultime fois : « Je tiens à dire que je n’ai absolument rien fait à Delphine. » Un dernier plaidoyer, presque mécanique, face à une cour déjà lassée par quatre ans de dénégations.
Pour la partie civile, ces mots résonnent comme un énième refus de vérité. Me Laurent De Caunes, représentant les proches de Delphine, a fustigé « un homme indifférent, fermé, sans empathie ». L’accusation, s’appuyant sur un faisceau d’indices jugé “têtu”, a rappelé que « Delphine était chez elle le 15 au soir, et qu’au matin, elle n’était plus là. Tout s’est joué entre eux. »
La défense, elle, a tenté jusqu’au bout de semer le doute : pas de corps, pas d’aveu, pas de témoin. Mais pour les jurés, ces zones d’ombre n’ont pas suffi à effacer la conviction d’une culpabilité.
La douleur intacte des proches de Delphine
À l’énoncé du verdict, l’émotion a submergé les parties civiles. « Justice est passée. C’est un soulagement immense pour les enfants », a réagi Me Malika Chmani, avocate des fils du couple. Elle a décrit une atmosphère presque irréelle, où la tension accumulée pendant des années a soudain cédé place aux larmes.
Son confrère Me Laurent Boguet a insisté sur l’essentiel : « Les enfants ont besoin de savoir où se trouve le corps de leur mère. » Il a appelé Cédric Jubillar à « tirer les conséquences » de sa condamnation et à révéler enfin l’endroit où il aurait dissimulé la dépouille. Une attente poignante, symbole d’un deuil impossible à achever.
Un second procès déjà en vue
Malgré la gravité de la peine, le dossier Jubillar est loin d’être clos. Les avocats de la défense ont d’ores et déjà annoncé leur intention de faire appel. « Nous respectons la décision, mais nous savions qu’un second combat s’ouvrirait », a déclaré Me Alexandre Martin à la sortie du tribunal.
Ce nouveau procès, qui devrait se tenir en 2026 à Toulouse, pourrait rouvrir les débats, confronter à nouveau les versions, et peut-être enfin lever le voile sur les zones d’ombre d’une affaire devenue emblématique.
Mais d’ici là, une question demeure, suspendue comme un écho douloureux dans le prétoire du Tarn : où est Delphine ?


