Le tabou social joue un rôle dévastateur. Beaucoup de patients refusent de consulter malgré les démangeaisons insupportables. La professeure Kamila Hawthorne, présidente du Collège royal des médecins généralistes, dresse un constat accablant : « De nombreuses personnes qui présentent des symptômes refusent de chercher une aide médicale à cause du stigmate social entourant cette infection. »
Cette gêne coûte cher. Les diagnostics en médecine générale dépassent largement « la moyenne sur cinq ans et continuent d’augmenter, le nord de l’Angleterre connaissant une flambée de cas », précise-t-elle.
Mais la vraie catastrophe vient d’ailleurs : la pénurie de traitements. Les pharmacies britanniques manquent cruellement de perméthrine et de malathion, les deux crèmes anti-acariens de référence. Sans ces armes thérapeutiques, l’infection galope.
« Bien qu’elle ne soit pas grave, la gale peut être très irritante et démangeante », explique la spécialiste. « Si elle n’est pas correctement traitée, elle peut se propager et augmenter le risque de complications chez le patient, comme des infections cutanées secondaires ou aggraver des affections cutanées existantes. »
Cette combinaison explosive transforme une maladie bénigne en cauchemar épidémique.
