L’Assemblée nationale a été le théâtre d’un échange d’une rare intensité ce mardi 17 février.

Au lendemain d’une séquence politique déjà inflammable, la mort d’un jeune militant à Lyon continue de provoquer une onde de choc. Entre accusations croisées et appels au calme, l’hémicycle s’est transformé en arène.
La cheffe de file des députés La France insoumise, Mathilde Panot, a pris la parole sans détour lors des questions au gouvernement. Face aux accusations visant son mouvement après la mort de Quentin Deranque, militant nationaliste de 23 ans, elle a affirmé que « aucun insoumis n’est impliqué ni de près ni de loin » dans les faits survenus à Lyon.
Dans un ton offensif, la députée du Val-de-Marne a dénoncé ce qu’elle considère comme une tentative d’instrumentalisation politique. Elle a exhorté ceux qui, selon elle, cherchent à « salir » son camp à cesser d’exploiter le drame à des fins partisanes.
Des accusations encore non confirmées

Depuis le décès du jeune homme, roué de coups deux jours avant de succomber à ses blessures, plusieurs accusations circulent dans le débat public. Le collectif identitaire Némésis met en cause des membres de la Jeune Garde, organisation cofondée à Lyon en 2018 par le député insoumis Raphaël Arnault et dissoute depuis.
À ce stade, le parquet n’a confirmé aucune implication précise, laissant l’enquête judiciaire suivre son cours. Cette absence d’éléments établis n’a toutefois pas empêché les polémiques de se multiplier dans l’espace politique et médiatique.
Une confrontation directe avec le gouvernement
À la tribune, Mathilde Panot a également renvoyé la responsabilité vers l’exécutif. Elle a estimé que le gouvernement devait s’interroger sur sa gestion du maintien de l’ordre au moment des affrontements. Selon elle, il faut « méconnaître l’histoire » pour accepter la victimisation de l’extrême droite et imputer systématiquement les violences à la gauche.
La députée a rappelé d’autres faits dramatiques récents, évoquant notamment les assassinats attribués à des militants d’ultradroite depuis 2022, ainsi que la mort du rugbyman Federico Aramburu. Une manière de replacer, selon elle, la violence politique dans un cadre plus large.
La riposte ferme de Sébastien Lecornu

Les propos de la députée insoumise ont suscité une réaction immédiate du Premier ministre Sébastien Lecornu. Depuis le banc du gouvernement, il a dénoncé des déclarations qu’il a qualifiées d’« ignobles et abjectes ».
Le chef du gouvernement a insisté sur un principe intangible : « le refus de la violence, c’est pour tout le monde, en tout temps, en tout lieu ». Il a estimé qu’il n’était pas acceptable d’opposer un mort à un autre mort, rappelant que la condamnation des violences devait être absolue, quelles que soient les sensibilités politiques. Ses paroles ont été saluées par des applaudissements venant de plusieurs bancs, des macronistes jusqu’au Rassemblement national.
Appels à la responsabilité et à la vérité judiciaire
Sébastien Lecornu a ensuite exhorté La France insoumise à faire « le ménage » dans ses rangs et dans ses propos. Parallèlement, il a assuré souhaiter que la vérité judiciaire puisse émerger sans aucune pression sur les enquêteurs, position partagée par d’autres responsables politiques, dont Laurent Wauquiez pour Les Républicains.
Dans l’hémicycle, une minute de silence a été observée en hommage à Quentin Deranque. La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a rappelé qu’« personne ne devrait mourir à 23 ans » et que nul ne devrait perdre la vie pour ses idées, adressant les pensées de la représentation nationale à la famille du jeune homme.










